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lundi 1 décembre 2008

Pour ne pas revivre le fiasco de la domotique des années 80

On se bat depuis de longues années pour faire avancer la standardisation de la domotique, condition indispensable à son développement. Même s’il reste beaucoup à faire dans le domaine du VDI on peut considérer que tout est maintenant réuni pour que le réseau de communication devienne une réalité dans le résidentiel. Par contre, le combat est encore loin d’être gagné en ce qui concerne l’installation de contrôle/commande des circuits de puissance : déficit de compétence dans toute la chaine du bâtiment, manque d’incitation à construire intelligemment, aveuglement de certains fabricants qui persistent dans la voie du tout propriétaire, cascade de marges excessives sur l’ensemble des solutions innovantes, etc.

L’effervescence autour de Konnex constatée depuis quelques mois semble très prometteur que ce soit dans le tertiaire comme dans le résidentiel. En conjonction avec l’arrivée sur le marché français du KNX de nouveaux fabricants, on assiste à une prise de conscience des bureaux d’études et des maitres d’ouvrage de la nécessité d’introduire un minimum d’intelligence dans les bâtiments, notamment pour faciliter leur exploitation, augmenter le confort et optimiser les consommations d’énergie. Mais il ne faut pas croire que KNX soit la solution miracle adaptée à tous les projets. Malgré le climat de concurrence entre fabricants, le coût du matériel est encore inexplicablement élevé et la programmation ETS, malheureusement incontournable pour assurer la pérennité d’une installation et profiter de l’aspect multifabricants du protocole, reste complexe et onéreuse.

Une prise de conscience de la part de tous les acteurs est indispensable si on veut éviter de revivre le fiasco de la domotique des années 80. Il faut en particulier que les fabricants travaillent enfin tous dans le même sens en proposant des produits réellement interopérables et des modes de programmation pérennes et adaptés à la complexité de chaque projet.

dimanche 8 juin 2008

WiFi or not WiFi ?

Quand je parle des réseaux Voix-Données-Images et de la nécessité d'intégrer le câblage structuré dans nos maisons, on me demande souvent pourquoi les solutions sans-fil ne seraient pas suffisantes. En effet, pourquoi continuer à câbler nos maisons puisque tout ou presque peut se faire sans fil ? À quoi bon installer des prises RJ-45, à l'heure où les fournisseurs d'accès proposent des box capables de distribuer l'Internet, le téléphone ou la TV dans toute la maison en Wi-Fi ou en courant porteur en ligne (CPL)? Pour quelle raison investir dans le câblage d'un réseau alors que les réseaux Wi-Fi, 3G, DECT ou Bluetooth se répandent partout ?

Il est incontestable que le sans-fil apporte des services nouveaux, comme la mobilité, et un confort d'utilisation dans les domaines informatique, électrique, hi-fi, télécoms, etc. Cependant, il convient de rester prudent et de n'utiliser les technologies sans fil que lorsqu'elles sont indispensables ou qu'elles présentent un réel intérêt par rapport aux solutions filaires. Gardons en outre à l'esprit qu'à force de tout vouloir faire sans fil, les interférences entre les différents systèmes risquent au final de perturber le fonctionnement de tous les équipements.

Beaucoup s'interrogent sur l'impact des fréquences sans fil sur la santé. Après les fours à micro-ondes, les téléphones portables et les antennes relais GSM, ce sont maintenant les ondes propagées par les bornes Wi-Fi qui font l'objet d'études alarmantes. Certains organismes ont ainsi demandé d'éviter l'installation de ce type de réseau chez les particuliers ou dans les écoles, et préconisent de réduire son exposition aux champs électromagnétiques à haute fréquence, quitte à revenir à des solutions filaires traditionnelles. Pour l'instant, dans le doute, mieux vaut réduire la durée d'exposition et le périmètre de rayonnement au minimum en coupant les bornes Wi-Fi et DECT pendant la nuit par exemple, en évitant d'exposer les chambres et en réservant la couverture Wi-Fi aux zones d'utilisation réelle. En tout cas, ce qui est certain c'est que les ondes Wi-Fi sont très sensibles à l'environnement : un mur de béton armé, des téléphones sans fil, le réseau du voisin (surtout en ville où la bande de fréquence utilisée est hyper-saturée) suffisent à faire chuter les performances du réseau. Le CPL n'est pas non plus la panacée. D'abord, il n'est pas toujours fiable sur une vieille installation électrique et certains appareils électriques peuvent venir perturber la transmission du signal.

En règle générale, un simple câble revient moins cher et est plus fiable, toutes choses égales par ailleurs, qu'un dispositif fondé sur l'utilisation des fréquences radio ou infrarouge. Dans certaines conditions, en rénovation par exemple, le sans-fil se révèle plus compétitif puisqu'il ne nécessite pas de main d'œuvre pour le passage de câbles.

Au bout du compte, la granularité du réseau VDI et la présence de prises RJ-45 dans toutes les pièces permettent d'optimiser la qualité des réseaux sans fil et éventuellement de positionner au mieux les bornes Wi-Fi ou DECT qui ne doivent être considérées que comme des équipements optionnels qui se périmeront beaucoup plus vite que les solutions filaires.

En définitive, le débat n'est donc pas de savoir si le sans-fil peut remplacer le câblage mais plutôt de trouver leur complémentarité et de se concentrer, lors d'un projet de construction ou de rénovation, sur la qualité des réseaux structurels.

Avoir la fibre!

Dans son dernier éditorial, le sénateur Trégouet écrivait : " à l'encontre de l'opinion qui dominait il y a 10 ans, tous les spécialistes sont maintenant convaincus que la place de la France dans le monde dépendra de sa capacité, dans le quart de siècle qui vient (le temps d'une génération) à connecter chaque Français à une fibre optique. Beaucoup de nos concitoyens ne soupçonnent pas encore que cette connexion à une fibre optique leur sera aussi importante, dans la vie de tous les jours, que peut l'être, aujourd'hui, leur raccordement au réseau électrique ou au réseau d'eau potable... Ne tergiversons plus. Arrêtons de nous poser la question pour savoir si la fibre optique est le meilleur choix pour l'avenir. De tous les investissements que peuvent actuellement réaliser les collectivités pour préparer l'avenir dans le domaine des nouvelles technologies, la fibre optique est le seul pour lequel nous avons une visibilité sur tout le prochain siècle alors que tous les autres investissements technologiques (cuivre, radio, CPL, etc...) n'ont pas une espérance de vie optimale qui dépasse les 10 ans... ". Aux sceptiques qui estiment que ce déploiement est utopique il répond : " Si au début des années 1930, nos anciens avaient tenu le même raisonnement que nos économistes, face à l'électrification du monde rural, pensez-vous que chaque maison de France, même la plus isolée, disposerait aujourd'hui d'un câble (pourtant autrement difficile que la fibre optique à mettre en œuvre tant il est dangereux !) pour lui apporter la " fée électricité " ? "

Le déploiement inévitable de la fibre relativise le succès de l'ADSL qui, à cause de son support cuivre, ne constitue en aucun cas une solution pérenne. Il est évident que les habitants des grandes villes auront facilement accès aux très haut débit mais quid du reste du territoire? Ensuite, à quoi bon être connecté au très haut débit si les réseaux internes dans la maison ou l'appartement ne sont pas à niveau ? Faut-il d'ores et déjà généraliser la mise en œuvre de la fibre optique à l'intérieurs de nos logements ?

Appareils et réseaux utilisent depuis longtemps l'électron et le fil de cuivre pour transporter l'information. Les solutions fondées sur le photon et donc sur la fibre de verre, et bientôt de plastique, ne sont pas encore généralisées dans l'habitat. Très peu d'appareils domestiques sont conçus pour être connectés à un réseau en fibre optique. Seuls certains équipements informatiques et quelques appareils hi-fi et de home cinéma haut de gamme le permettent, mais il faut un autre réseau pour le reste de l'installation (domotique, téléphonie, TV satellite/câble, etc.). Un réseau en fibre optique est adapté aux liaisons longue distance (supérieures à 100 m) mais n'a pas encore sa place dans l'habitat, sauf dans le cas de grands bâtiments ou d'ensembles de bâtiments. Un tel réseau offre de très hauts débits, mais il ne comporte aujourd'hui aucun élément actif que ne sache transporter un câblage cuivre. Les débits nécessaires dans la maison sont actuellement de l'ordre du mégabit par seconde (abonnement ADSL 2 Mbit/s, par exemple) quand le câblage cuivre est encore capable de gérer le gigabit par seconde (1 000 Mbit/s). Non seulement le prix de revient de la fibre est presque dix fois supérieur à celui du câble informatique haut de gamme, mais sa mise en œuvre est contraignante et onéreuse. Pour toutes ces raisons, il ne semble pas encore réaliste d'installer un réseau en fibre optique à l'échelle d'une maison ou d'un appartement. Le précâblage en fibre optique d'une pièce dédiée à la hi-fi ou au home cinéma peut se concevoir pour préparer l'avenir ou si on dispose de matériel haut de gamme, de même que le raccordement de différentes zones dans une très grande maison ou celui de plusieurs bâtiments distants.

Le déploiement progressif de la fibre optique par les opérateurs et le développement des nouveaux usages, comme la visiophonie, la télésanté, le pay per view HD ou la possibilité de regarder plusieurs chaînes de télévision en haute définition, invitent néanmoins à en tenir compte dans la conception de nos maisons. En particulier, le câblage doit pouvoir être remplacé facilement en évitant, par exemple, des gaines trop étroites ou à angle droit.

dimanche 22 juillet 2007

Les prises téléphones en " T " interdites

Les normes NF C 15-100 et UTE C 90-483 tendent depuis 2003 vers un câblage structuré pour tous les logements de façon à les rendre compatibles avec les NTIC (nouvelles technologies de l'information et de la communication). Ces normes stipulent l'obligation d'installer des prises de communication RJ-45 dans toutes les pièces sans interdire formellement la prise en "T" unaniment reconnu comme obsolète et pourtant encore aujourd'hui omniprésente dans l'écrasante majorité des nouveaux logements. L'Union Technique de l'Electricité interdit enfin de façon claire la prise en T à compter du 1er janvier 2008. Malheureusement, cette précision n'étant pas encore répercutée dans la norme NF C 15-100, beaucoup de professionnels vont continuer d'en poser aveuglément au détriment des utilisateurs. C'est donc à ces derniers d'exiger la pose de prises RJ-45 avant la mise à jour des normes et la mise en place de contrôles...

vendredi 16 mars 2007

ISE Amsterdam 2007

Ce qui m'a d'abord frappé cette année à Amsterdam, c'est qu'on entend de plus en plus parler français dans les allées de l'ISE, le salon de référence en Europe dans le domaine de l'équipement audiovisuel et de l'intégration.. Même si le nombre d'exposants français reste encore faible (Pilotefilms, Vity, Procolor, Waterfall…), de nombreux visiteurs français ont fait le déplacement cette année. En plus des habitués du Cedia ou du réseau Domoconsulting, des représentants de certains fabricants et distributeurs de matériel électrique y voient l'opportunité de sonder le marché. Cela confirme peut-être les premices de la convergence réelle entre les mondes de la domotique et de l'audiovisuel. Par exemple, on voit de plus en plus d'intégration de fonctions de diffusion sonore multisources dans l'appareillage traditionnel, de scénarios multifonctionnels (éclairage, automatismes, son et image), de supervision des équipements sur écran tactile, ou d'utilisation du réseau VDI pour la commande et la distribution des sources audiovisuelles. Les deux marchés se rapprochent inéxorablement puisque le câblage structuré devient la colonne vertébrale de la maison et que l'audiovisuel ne se limite plus au salon mais trouve sa place dans toute les pièces de la maison.
Il est évident que les produits exposés à Amsterdam constituent le nec plus ultra un brun élitiste, mais ce qui est nouveau c'est que la plupart des fabricants proposent également des produits très grand public leur permettant de faire face à une demande grandissante et surtout à une concurrence de plus en plus vive. Rendez-vous donc dans un an à Amsterdam avec je l'espère de plus en plus de produits abordables et peut-être la présence d'une nouvelle génération d'installateurs, encore peu nombreux cette année, qui pourront découvrir un marché très dynamique et un salon extrémement efficace, à taille humaine et qui laisse une large place aux formations à travers un programme très étoffé de séminaires et d'ateliers.

lundi 12 décembre 2005

Batimat 2005

Cette année, les organisateurs de Batimat nous avait mis l’eau à la bouche en mettant l’accent sur le développement durable avec un slogan fort « bâtir autrement ». Mais dans l’espace consacré au bâtiment intelligent le visiteur a vite été déçu. Il a d’abord constaté que les fabricants majeurs n’avaient même pas de stand et il a rapidement eu l’impression de parcourir les allées d’un hypermarché. Comment s’y retrouver dans cette surenchère de technologie, comment trouver des réponses aux questions que les architectes, les installateurs ou les maîtres d’ouvrage sont venus chercher avec souvent quelques projets précis en tête ? Est-ce que la grandeur du stand, le sourire de l’hôtesse ou le nombre de petits fours sont des critères suffisants pour sélectionner des produits ? Au moins dans un supermarché, les denrées sont rassemblées par catégories et surtout il est possible de réussir un repas sans choisir tous les produits d’une même marque. Car le fond du problème est là, chaque fabricant présente ses solutions en essayant de rendre le client captif et de l’obliger si telle ou telle fonction lui plait à compléter l’installation avec les autres produits de son catalogue. La plupart des fabricants continue de privilégier leur solution maison donc propriétaire à l’heure où les promesses offertes par une nouvelle génération de solutions domotiques passent nécessairement par l’intégration simplifiée des différentes fonctions. Quel confort par exemple de disposer d’un bouton à la sortie de la maison permettant en un seul geste de tout éteindre, fermer tous les volets roulants, mettre le chauffage en réduit et de renvoyer l’alarme sur son téléphone portable. Ou bien ces systèmes sont tous propriétaires et seul un Géotrouvetout pourra bricoler quelque chose pour satisfaire son client à court terme, ou bien ils parlent le même langage et n’importe quel installateur motivé et formé sera capable de programmer un tel scénario, de le faire évoluer et de le faire fonctionner sur le modèle de bouton-poussoir choisi par son client, une télécommande universelle, un écran tactile, par Internet ou bientôt à la voix. Les fabricants préfèrent simplifier à outrance leurs produits au détriment du nombre de fonctions disponibles et de leur compatibilité avec ceux de leurs concurrents. C’est infantilisant et presque insultant pour la plupart des installateurs qui souhaiteraient faire évoluer leur métier. Il faudrait au contraire mettre en valeur la profession, développer la formation et les accompagner auprès de leur client pour leur permettre de réellement bâtir autrement.

Quoiqu’il en soit l’édition Batimat 2005 a battu des records d’affluence et s’affirme plus que jamais au niveau international comme un rendez-vous incontournable pour tous les acteurs du bâtiment car il constitue le reflet du marché de demain. En 2003, lors de la précédente édition, il n’existait pratiquement aucune solution Voix-Données-Images. Aujourd’hui elles sont légion et la prise RJ45 universelle se généralise maintenant dans les nouvelles constructions. Espérons qu’en 2007 les fabricants auront suivi cet exemple et offriront aux architectes et aux installateurs davantage de produits standardisés pour qu’enfin ils puissent mettre en œuvre facilement des solutions intelligentes susceptibles de répondre aux exigences des utilisateurs en terme de confort, de sécurité, d’économie d’énergie, de multimédia, de simplicité d’utilisation et de pérennité car nous construisons aujourd’hui les maisons de nos enfants et de nos petits-enfants. Le logement durable en somme…