mardi 3 juillet 2007

5 ans!

Le fameux cap des 5 ans! Je n'ai pas vu le temps passé... Autour de moi, j'entends souvent : "Embauche! Tu pourras faire beaucoup plus de projets", sous-entendu de tunes... He bien non! Je suis toujours tout seul et mon discours n'a pas varié depuis 5 ans. Ma liberté n'a pas de prix et mon luxe c'est d'écrire un livre, de pouvoir refuser un projet, d'emmener mes enfants àl'école ou de partir en vacances du jour au lendemain sans avoir à rendre de compte à personne ni tomber dans le piège de la rentabilité à tout prix, perdre en indépendance ou se faire un sang d'encre pour régler les salaires en fin de mois. Evidemment, ce n'est pas si simple et le marché est encore difficile. Il reste encore pas mal de charlatans et de requins et l'image de la domotique est encore plutot négative. Chaque projet est différent, les clients veulent du sur-mesure, et seul un maximum de rigueur permet de s'en sortir. Autre constat, ceux qui essayent de tout faire, c'est à dire de faire les études, de vendre, d'installer, de programmer et de faire la maintenance sont sur une corde raide. C'est évidemment tentant car les marges potentielles sont tentantes mais le risque est énorme car ils sont happés par les chantiers, embauchent, jonglent dangeureusement avec les stocks et la trésorerie, délaissent la veille technologique et perdent petit à petit leur indépendance vis à vis des fabricants. Mais travailler en solo ne signifie pas travailler seul. Tout passe par la confiance établie avec les installateurs, les intégrateurs, les architectes, les distributeurs et les fabricants. Ce n'est pas rien de se battre pour un nouveau métier! C'est souvent épuisant et heureusement pour moi qu'il n'y a pas que les projets. Je m'éclate tous les jours à écrire un article, mettre à jour ce blog, discuter avec l'éditeur du livre ou collaborer au développement du réseau Domoconsulting. On refait le point pour les 10 ans!

jeudi 19 avril 2007

Maison A : concilier architecture "à vivre" et technologies

Les salons, les conférences, les livres ou les magazines ne suffisent pas pour se faire une idée réelle de ce que peut réellement apporter l'innovation dans l'habitat en matière de confort, de sécurité, d'économie d'énergie ou de loisirs numériques. L'idéal est évidemment d'être confronté directement à ce type d'installation comme sur le site de Living Tomorrow à côté de Bruxelles, certaines maisons ouvertes à l'occasion des Journées de la maison contemporaine ou encore mieux en se rendant à la Maison A dans le 14e arrondissement de Paris. A l'initiative du magazine A Vivre avec le support du réseau Domoconsulting et en partenariat avec une quarantaine de partenaires industriels, cette maison est ouverte aux professionnels en semaine et au grand public le week-end et pendant les vancances scolaires jusqu'à la fin de l'année 2007 (plus d'informations sur le site web du projet).
L'une des ambitions du projet Maison A était de vérifier qu'une œuvre architecturale forte peut s'enrichir de l'introduction raisonnée de technologies innovantes. Dans ce contexte, la Maison A regroupe ce qui se fait de plus performant dans les domaines de l'éclairage, de la gestion d'énergie, de la sécurité, de la communication, du multimédia et de l'audiovisuel sans toutefois tomber dans la surenchère technologique. Il ne s'agit pas en effet d'un projet expérimental ponctuel mais au contraire d'une maison destinée à être réellement habitée. C'est la raison pour laquelle une importance particulière a été donnée aux usages et à la simplicité d'utilisation.
Dans ce contexte, la Maison A préfigure probablement l'habitat de demain. Il sera communicant, sain, économique, sûr, évolutif et ouvert au multimédia sans pour autant que la technologie y soit nécessairement visible ou omniprésente. A l'écoute et au service de l'utilisateur, personnalisable et adaptable à ce que chacun peut avoir comme exigence en matière de confort.
La Maison A n'est ni un showroom, ni un laboratoire, ni une maison du futur, théâtre d'une surenchère de technologies. Il s'agissait au contraire de réaliser une maison contemporaine avec des technologies d'aujourd'hui et utilisable par tout à chacun sans compétences particulières. Ceci passait nécessairement par une analyse approfondie des besoins de la famille, une conception fonctionnelle et technique transversale et une sélection pointue des technologies. Cette approche a permis de sélectionner de façon indépendante et objective ce qui nous paraissait les offres les plus pertinentes disponibles sur le marché avec le souci constant d'éviter le syndrome " usine à gaz ", de mettre constamment la facilité d'utilisation au cœur de nos préoccupations et d'assurer la pérennité du système.
Le choix de technologies standardisées, ouvertes et interopérables constituait à cet égard une certaine garantie même si leur mise en œuvre nécessitait une coordination des différents corps d'état de tous les instants et l'intervention d'un installateur électricien généraliste capable d'intégrer des solutions de différentes marques et de faire cohabiter éclairages, automatismes, gestion d'énergie, sécurité ou multimédia dans de véritables scénarios de vie accessibles aussi bien sur de simples boutons que sur écran tactile, sur place ou à distance par Internet. Ce type de compétences est encore trop rare mais tend progressivement à se généraliser partout en France grâce à la mise en place de réseaux de professionnels, aux efforts des fabricants et des réseaux de distribution, à la formation de spécialistes et à la mutation de certaines entreprises d'électricité capables de s'adapter à la convergence du numérique, de l'informatique et de la domotique et soucieuses de répondre aux nouvelles demandes de leurs clients. Plus globalement, tous les acteurs traditionnellement impliqués dans l'habitat résidentiel, qu'il s'agisse des fabricants, des maîtres d'œuvre ou des installateurs, doivent aujourd'hui tenir compte du bouleversement induit par l'explosion du numérique tant l'enjeu est d'importance pour leurs métiers.
En définitive, le projet Maison A est l'occasion de démontrer qu'il est parfaitement possible d'intégrer des solutions techniques innovantes susceptibles de contribuer au bien-être des utilisateurs.
Les perspectives offertes par ce projet sont donc plutôt encourageantes même si elles impliquent une profonde mutation des métiers du bâtiment. Le projet constitue à ce titre une expérience intéressante et démontre qu'il est possible de concilier les motivations et les exigences de l'utilisateur, de l'installateur et de l'architecte. L'ère de la " domotique raisonnée " semble ouverte…

vendredi 16 mars 2007

ISE Amsterdam 2007

Ce qui m'a d'abord frappé cette année à Amsterdam, c'est qu'on entend de plus en plus parler français dans les allées de l'ISE, le salon de référence en Europe dans le domaine de l'équipement audiovisuel et de l'intégration.. Même si le nombre d'exposants français reste encore faible (Pilotefilms, Vity, Procolor, Waterfall…), de nombreux visiteurs français ont fait le déplacement cette année. En plus des habitués du Cedia ou du réseau Domoconsulting, des représentants de certains fabricants et distributeurs de matériel électrique y voient l'opportunité de sonder le marché. Cela confirme peut-être les premices de la convergence réelle entre les mondes de la domotique et de l'audiovisuel. Par exemple, on voit de plus en plus d'intégration de fonctions de diffusion sonore multisources dans l'appareillage traditionnel, de scénarios multifonctionnels (éclairage, automatismes, son et image), de supervision des équipements sur écran tactile, ou d'utilisation du réseau VDI pour la commande et la distribution des sources audiovisuelles. Les deux marchés se rapprochent inéxorablement puisque le câblage structuré devient la colonne vertébrale de la maison et que l'audiovisuel ne se limite plus au salon mais trouve sa place dans toute les pièces de la maison.
Il est évident que les produits exposés à Amsterdam constituent le nec plus ultra un brun élitiste, mais ce qui est nouveau c'est que la plupart des fabricants proposent également des produits très grand public leur permettant de faire face à une demande grandissante et surtout à une concurrence de plus en plus vive. Rendez-vous donc dans un an à Amsterdam avec je l'espère de plus en plus de produits abordables et peut-être la présence d'une nouvelle génération d'installateurs, encore peu nombreux cette année, qui pourront découvrir un marché très dynamique et un salon extrémement efficace, à taille humaine et qui laisse une large place aux formations à travers un programme très étoffé de séminaires et d'ateliers.

jeudi 22 février 2007

La Domotique à l'honneur

La Domotique à l'honneur dans l'émission "Question Maison" sur France 5 à l'occasion de l'événement "Maison A". Ce projet, situé au coeur de Paris, organisé par Eric Justman, (Architecture à vivre) ouvre ses portes aux particuliers le week-end et pendant les vacances. C'est fou l'impact de la TV! France 5 n'est pourtant pas une chaine majeure, mais c'est fou le nombre de personnes qui me disent avoir vu l'émission, d'autant qu'elle a été diffusée plusieurs fois. Pourquoi s'échiner à faire des articles ou des salons quand on peut toucher directement autant de monde grace au petit écran? Le plus dingue, c'est que le livre "la maison communicante" est présenté pendant le reportage et surtout à la fin de l'émission. Résultat, le livre s'est 40 fois plus vendu en janvier, qu'en décembre!
Plus d'informations sur le site de l'émission.
Le reportage est disponible en ligne.

mercredi 22 novembre 2006

KNX devient une norme internationale

Le protocole KNX est maintenant normalisé au niveau international, que ce soit sur bus de commande mais également ou sur d'autres modes de communication, comme le courant porteur, la les réseaux radio ou les réseaux Ethernet. Répondant déjà aux exigences des deux normes européennes CENELEC EN50090 et CEN EN 13321-1, le standard KNX pour la gestion technique de la maison et du bâtiment vient d’être reconnu norme internationale ISO/IEC 14543-3. Les fabricants qui s'obstinent dans la voie des produits propriétaires ne pourront plus dire que KNX est un protocole de club, illégitime et sans avenir. Ce n'est évidemment pas un protocole parfait et les produits KNX ne sont toujours pas proposés à des prix très raisonnables mais c'est pour les installateurs et leurs clients une voie vers l'interopérabilité, indispensable sur le long terme.

vendredi 2 juin 2006

Après Batimat et Interclima+Elec, il était intéressant de traverser la frontière pour voir où en sont nos voisins. Le salon européen de référence Light+building qui a eu lieu à Francfort en avril était l'occasion de situer notre marché de la domotique, encore confidentiel en France, par rapport au reste de l'Europe.
Après le choc provoqué par l'immensité des lieux, les 2000 exposants et le nombre gigantesque de visiteurs, la visite de Light+building a d'abord permis de constater les même tendances que sur les salons français cet hiver :
  • KNX est bien le standard que tous les acteurs intéressés par la domotique attendait. La preuve, plus de 50 fabricants présentaient à Francfort leurs nouveautés qui viennent s'ajouter à un catalogue virtuel de 7000 produits certifiés KNX.
  • L'offre reste néanmoins morcelée puisque au total plus de 175 exposants impliqués dans la domotique et l'immotique étaient présents. Cela s 'explique par le fait que KNX est peu présent dans le tertiaire, domaine largement dominé par BACNet et LON. Au final quand même, très peu de fabricants présentaient une offre entièrement propriétaire.
  • Le monde du numérique et de la communication oblige les fabricants à standardiser leurs produits et les associations de standardisation à proposer des passerelles à l'image de Konnex qui a annoncé la disponibilité de KNXnet pour dialoguer avec les applications Internet et d'une table de correspondance avec BACnet pour s'ouvrir au monde de l'immotique.
  • Les domaines de la domotique, de la communication et de l'audiovisuel continuent de converger très rapidement ce qui permet de simplifier la mise en œuvre des installations et de simplifier leur utilisation.
Au-delà de ces confirmations, le principal enseignement de l'édition 2006 du salon Light+building a été de constater la différence de maturité qui existe encore entre les marchés allemands, belges, suisses ou scandinaves et le nôtre. Nous en sommes encore à nous demander quand la domotique décollera vraiment alors que nos voisins, sans même parler de domotique, l'ont déjà complètement intégrée dans leurs installations. Ce retard n'est néanmoins pas inéluctable, à l'image de ce qui s'est passé dans le domaine de l'Internet haut débit dans lequel la France a rattrapé tous ses voisins en quelques années. On peut continuer l'analogie en constatant que comme France Telecom il y a dix ans, le marché électrique français reste dominé par quelques mastodontes peu agiles pour s'adapter aux changements. Nous disposons en effet avec Schneider Electric et Legrand de deux des plus importants constructeurs de matériel électrique au monde. Les groupes français Sonepar et Rexel sont eux les leaders mondiaux dans le domaine de la distribution. Ces grandes entreprises mettent évidemment plus de temps à réagir mais leur puissance commerciale et marketing devraient faire leur œuvre. Ainsi, quel clin d'œil, Schneider Electric a récemment annoncé l'acquisition de Merten, l'un des spécialistes allemands de la maison intelligente et promoteur emblématique du standard KNX.
A l'extrême, peu importe quel protocole va s'imposer. Le retard est tellement important et le marché tellement vaste qu'il y a de la place pour de nombreuses solutions. Les produits Niko, Delta Dore ou In-One de Legrand ne sont pas aussi ouverts que l'on voudrait mais ils répondent chacun à certains types de projets ou aux différents niveaux de formation des installateurs. Finalement, au-delà même du débat sur la standardisation, le réel concurrent de la maison communicante n'est-il pas l'installation électrique traditionnelle qui fait que la quasi-totalité des maisons ou appartements qui seront construits ou rénovés cette année en France seront encore équipés de prises en T et de va-et-vient d'un autre age ?

lundi 6 février 2006

Interclima+Elec 2006 : la déferlante KNX

L'un des principaux enseignements de l’édition 2006 du salon Interclima+Elec a été l’adoption par la plupart des fabricants d’un langage commun permettant l’interopérabilité de leurs produits. Il s’agit de Konnex (KNX) qui regroupe EIBbus, EHS et Batibus. C’est probablement l’un des derniers freins à la généralisation de la domotique qui est en train de disparaître.

Longtemps, l'installateur devait choisir la moins pire des solutions. Ou bien il utilisait tous les produits d’une même marque en prenant le risque à court terme de ne pas pouvoir répondre à tous les besoins de son client et à moyen terme d’aboutir à une impasse technologique. Ou bien il se lançait dans une intégration périlleuse de produits propriétaires sans aucune garantie de fiabilité ni de pérennité de son installation. Ce que l’on pressentait depuis quelques années s’est enfin confirmé sur Interclima+Elec 2006. De nombreux industriels ont en effet annoncé des gammes de produits compatibles avec le protocole KNX pour la gestion de l’éclairage, des automatismes, de la sécurité ou de l’interphonie aussi bien pour la construction neuve que pour la rénovation dans la mesure où les produits KNX peuvent communiquer sur un simple bus, en radio, sur IP ou par courant porteur. KNX constitue une réelle opportunité pour les installateurs électriciens mais plus globalement pour l’ensemble des professionnels du bâtiment puisque grâce à une centaine de fabricants il existe d’ores et déjà des chaudières, des moteurs de VMC, des écrans tactiles, des platines de bouton-poussoirs, des stations météo, des appareils électroménagers et audiovisuels au standard KNX. Il est donc aujourd’hui possible de mettre en œuvre des installations domotiques de façon cohérente en sélectionnant les meilleurs produits chez les différents fabricants à l’image de ce qui s’est passé ces dernières années dans le domaine de la VDI pour les applications multimédia.

Mais attention, il ne faut pas tomber dans l’euphorie car le salut passe par une évolution des mentalités de tous les acteurs du bâtiment.

  • Est-ce que les architectes sauront intégrer cette nouvelle dimension dans la conception de leurs projets ? En tout cas, il est évident que contrairement à la domotique du siècle dernier, il est aujourd’hui possible de répondre à leurs exigences en terme de simplicité d’utilisation, d’ergonomie et d’esthétisme des commandes.
  • Est-ce que les fabricants, contrairement à ce qui s’est passé en Allemagne par exemple, n’essayeront pas de maintenir artificiellement un niveau de prix élevé, ce qui ne serait pas forcément fatal pour le marché tertiaire mais qui serait à coup sûr un frein énorme au développement de la domotique dans le résidentiel ? Les perspectives sont séduisantes mais l’édifice reste fragile car même si KNX semble avoir gagné une bataille au niveau européen, il est pris en tenaille entre les quelques protocoles propriétaires que certains fabricants continuent de promouvoir et les protocoles historiques comme LonWorks ou de nouveaux entrants comme Zigbee qui constituent de sérieux challengers.
  • Est-ce que les installateurs accepteront d’acquérir de nouvelles compétences ou de s’entourer de spécialistes ? Pour se rendre compte du décalage qui existe avec nos voisins européens, il suffit de comparer les ventes de licences ETS (le logiciel qui permet de paramétrer une installation complète en KNX) : 14.000 outre-Rhin par exemple contre seulement 200 en France à ce jour… La marge de progression est donc énorme.

Quoiqu’il en soit, on ne peut être que globalement optimiste quand on constate le consensus des industriels et des spécialistes en domotique au sujet des produits KNX. Ne perdons surtout pas de vue que c’est avant tout le particulier qui a tout à gagner à l’émergence d’un standard domotique.